Méditation pour le 10e dimanche du temps ordinaire.
Le propre des caractères pervertis et touchés du souffle de l'envie est de fermer les yeux tant qu'ils le peuvent sur le mérite d'autrui et, lorsque vaincus par l'évidence ils ne le peuvent plus, de le déprécier ou de le dénaturer. Ainsi, quand la foule exulte de dévotion et s'émerveille à la vue des oeuvres du Christ, toujours les scribes et les pharisiens, soit ferment les yeux à ce qu'ils savent vrai, soit rabaissent ce qui est grand, soit dénaturent ce qui est bon. En une circonstance par exemple, faisant les ignorants, ils disent à l'auteur de tant de signes merveilleux : Quels signes fais-tu pour que nous croyions en Toi ? Ici, ne pouvant nier le fait avec impudence, ils le déprécient méchamment, réclamant un signe venu du Ciel, comme si ce signe-là était terrestre et bas; et ils le dénaturent en disant : C'est par Béelzébub, prince des démons qu'Il chasse les démons.
Voilà, mes bien-aimés, ce blasphème contre l'Esprit qui lie ceux qu'il a une fois saisis des chaînes d'une éternelle culpabilité. Ce n'est pas que soit dénié au pénitent le pardon de tout, s'il fait de dignes fruits de la pénitence; seulement, écrasé sous un tel poids de malice, il n'a pas la force d'aspirer à cette digne pénitence qui appelle le pardon.
Isaac de l'Etoile.