Méditation pour le 9e dimanche du temps ordinaire.
« Dans la Cité Sainte, s’accomplira cette parole : Reposez-vous, et voyez que je suis le Seigneur(Ps 46, 11). C’est là le grand et véritable sabbat qui n’aura pas de soir, sabbat que le Seigneur annonce aux origines de la Création : Dieu se reposa le septième jour de toutes les œuvres qu’il avait faites. Il bénit le septième jour et le sanctifia, parce qu’il se reposa de toutes les œuvres qu’il avait entrepris de créer (Gn 2, 2.3).
Là, dans le repos, nous verrons que c’est lui qui est Dieu, ce que nous-mêmes avons prétendu devenir, en écoutant la voix du séducteur : Vous serez comme des dieux ! (Gn 3, 5). Et qu’avons-nous fait sans lui, sinon défaillir dans sa colère ? Mais, régénérés par Lui, et rendus parfaits par une grâce plus abondante, nous serons dans le repos éternel et nous verrons que c’est lui qui est Dieu, dont nous serons remplis lorsqu’il sera tout en tous. Car nos bonnes œuvres, elles aussi, quand nous les attribuons à Dieu plutôt qu’à nous-mêmes, nous serons imputées pour obtenir ce sabbat. Si nous nous les attribuons, ce ne sont que des œuvres serviles, alors qu’il est dit du sabbat : Vous n’y ferez aucune œuvre servile (Dt 5,14). De là, cette parole du prophète Ezéchiel : Je leur ai donné mes sabbats comme signe d’alliance entre eux et moi, afin qu’ils sachent que je suis le Seigneur qui les sanctifie (Ez 20, 12). Alors, nous saisirons parfaitement, quand nous serons dans le repos parfait et que nous verrons parfaitement que c’est lui-même qui est Dieu. »
Saint Augustin.