Credo in unum Deum, 
Patrem omnipotentem, factorem caeli et terrae visibilium omnium et invisibilium. Et in unum dominum Iesum Christum, Filium Dei unigenitum, et ex patre natum ante omnia saecula. Deum de Deo, Lumen de Lumine, Deum verum de Deo vero, genitum, non factum, consubstantialem Patri : Per quem omnia facta sunt. Qui propter nos homines et propter nostram slutem descendit de caelis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine, et homo factus est. Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato; passus et sepultus est, et resurrexit tertia die, secundum Scripturas, et ascendit in caelum, sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria, iudicare vivos et mortuos, cuius regni non erit finis. Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem : qui ex Patre Filioque procedit. Qui cum Patre et Filio simul adoratur et conglorificatur : qui locutus est per prophetas. Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam. Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum. Et exspecto resurrectionem mortuorum, et vitam venturi saeculi. Amen.
O toi qui es mon refuge et ma force, conduis-moi, comme jadis ton serviteur Moïse au coeur de ton désert, là où flamboiie le buisson sans qu'il se consume, là où l'âme,
envahie par le feu du Saint-Esprit, devient ardente, sans se consumer, mais en se purifiant.
Là où l'on ne peut demeurer et où l'on n'avance plus qu'après avoir dénoué les liens des entraves charnelles, là où celui qui est, sans doute ne se laisse pas voir tel qu'Il est, mais où cependant on l'entend dire : Je suis celui qui suis ! Là, il faut bien encore se couvrir le visage pour ne pas regarder le Seigneur en face, mais on doit s'y exercer à prêter l'oreille, dans l'humilité de l'obéissance, pour distinguer ce que dit Dieu au-dedans du coeur.
En attendant, Seigneur, cache moi dans le secret de ta tente, durant le jour mauvais; cache moi dans le secret de ta face, loin de l'intrigue des langues, car ton joug si doux et ton fardeau si léger, tu me les as imposés. Et quand tu me fais sentir la distance de ton service avec celui d'un siècle, d'une voix tendre et douce, tu me demandes s'il est plus agréable de te servir, Toi, le Dieu vivant, que les dieux étrangers. Alors, j'adore cette main qui pèse sur moi et je te dis : "Ils m'ont assez longtemps dominé, les maîtres autres que toi ! Je veux t'appartenir à toi seul, car ton bras me soulève !"
Guillaume de Saint-Thierry.
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